Entrevue avec Nathy

Pour souligner la sortie du tome 1 de La Chronique des Joyaux « Le crépuscule violet », Nathy d’Eurveilher a offert de m’interviewer. Elle a récemment rejoint mon équipe de lancement, et à ce titre, elle a eu droit au livre en primeur. Et pour elle, ça a été le coup de coeur! Entre la nourriture, les chiens ailés et les relations entre personnages, on a eu une discussion vraiment très intéressante.

Dans cette entrevue, on discute de mon parcours d’écriture, de sa lecture du livre et de ses impressions. On explore l’univers des Joyaux, de la place des femmes fortes, mais aussi des rôles masculins. Je vous invite aussi à consulter l’article complet sur son blog.

Un énorme merci à Nathy pour ce beau moment passé ensemble. Bonne écoute!

Un extrait du livre Le crépuscule violet

J’entame ma troisième année comme auteure publiée en démarrant une troisième série, dans un troisième genre littéraire. Est-ce une coïncidence? Ou alors le signe d’un trouble obsessif compulsif? Peut-être, mais c’est surtout parce j’ai des goûts de lecture variés et c’était inévitable que mon écriture en soit le reflet.

Tout a commencé alors que je travaillais sur la série Windigo; ma fille m’a raconté une histoire et, avec sa permission, j’ai créé l’univers qui allait devenir La Chronique des Joyaux. Bon, j’ai écarté certaines de ses suggestions (principalement pour éviter une poursuite pour droits d’auteur) et certains de mes ajouts n’ont pas obtenu son approbation, mais elle a quand même apprécié le résultat final! On ne peut pas plaire à tout le monde, et ma progéniture est reconnue pour être difficile (voire capricieuse, encore là, ça dépend de vos sources…)

Comme je suis de nature organisée (ou obstinée, la réponse varie selon à qui vous posez la question), je ne voulais pas travailler sur deux projets de front, alors l’histoire a été consignée dans un carnet et j’ai laissé le tout mijoter. Deux ans plus tard, ma vision était précise et je me suis mise à l’écriture avec plaisir. Le ton était différent de mes deux premières séries, et ça m’a permis de travailler de nouvelles facettes de mon écriture.

Une des différences les plus marquées se trouve dans la narration. Alors que je n’ai toujours eu qu’un seul narrateur, chaque livre de La Chronique des Joyaux mettra de l’avant deux personnages, dont les points de vue s’alternent au fil des pages. L’histoire s’y prêtait bien et je crois que ça joute de la texture au récit. Mais n’ayez crainte : comme je suis facilement confuse, je vous ai rendu la tâche facile; les narrateurs sont identifiés en début de chapitre. Vous me remercierez plus tard. 😛

J’ai aussi incorporé beaucoup plus de romance que dans mes autres livres, un élément que j’adore lire, mais que j’hésitais à aborder dans mon écriture jusqu’à maintenant. Une romance réussie est un exercice d’équilibre et de dosage, tant dans les émotions que dans le développement des personnages. Comme je souffre d’une allergie mortelle aux trucs mielleux, je ne pouvais pas concevoir d’écrire un truc sans queue ni tête où la relation est télégraphiée ou grossière (et si jamais elle l’est, par pitié, ne me le dites pas; le déni est une arme puissante). L’histoire devait être campée sur des bases solides, ce qui a donné naissance à un continent complet et un système de magie aux ramifications multiples (oups!). Après 6 livres publiés, je me sentais prête à gravir cette montagne (et récolter quelques cailloux, glisser sur des racines et me salir chemin faisant, misère… le sommet a intérêt d’en valoir la peine!).

Chacun des tomes présentera un précieux ou une précieuse, c’est-à-dire l’avatar d’un joyau magique, ainsi que son maître d’armes (ou celui ou celle qui prétend au titre). Ce sont deux figures complémentaires, mais aussi très différentes. Dans cet univers, les joyaux absorbent de l’énergie par la simple présence des humains sur la base d’une relation symbiotique, c’est-à-dire que les humains en tirent profit aussi. Cette magie a énormément d’impact sur la vie de nos personnages. Je ne vous en dis pas plus et je vous laisse découvrir cet univers fantastique.

Voici un extrait par les yeux de Jonas alors que nous sommes dans la grande salle du château Violet. Bonne lecture!


Luan se leva et me salua d’une courbette. 

– C’est à mon tour de performer. 

Il ramassa l’étui de cuir sous la table et se dirigea vers l’avant de la salle. J’étais trop loin pour entendre leurs échanges, mais Kiall le reçut avec un sourire et un hochement de tête. Luan sortit sa guitare et ajusta les clés tout en grattant les cordes. Il s’assura de croiser le regard de toutes les personnes à la table d’honneur et se présenta. Sa voix claire me parvint par-dessus les conversations. 

– Ma dernière visite au Nord remonte à quelques années déjà, mais j’en ai gardé d’excellents souvenirs. La chanson du pêcheur est une de mes préférées. 

Quelques-uns des habitants du château s’exclamèrent pour l’encourager et Luan se lança dans une ritournelle animée. Il raconta les mésaventures d’un pêcheur qui n’avait pas écouté les prédictions météo de sa vieille mère. Rapidement, les gens se mirent à battre des pieds ou des mains. Luan enchaîna avec une chanson à répondre où un jeune couple annonçait leurs noces précipitées. Je vis une mère plaquer ses mains sur les oreilles de son fils avec le visage fendu d’un sourire. 

L’ambiance était détendue et les enfants quittèrent leurs tables respectives pour s’attrouper autour du ménestrel. Des fiasques d’alcool fort changèrent de main aux tables plus éloignées. C’était le moment pour moi de m’éclipser. Je prétextai avoir besoin des latrines et me levai sans que mes voisins de table sourcillent. Je pris un des corridors moins fréquentés et me glissai dans l’ombre d’une alcôve.  

Une fois certain que personne ne m’avait suivi, je poursuivis mon chemin. 

La disposition du château était assez standard et les agrandissements avaient été faits avec un souci du détail évident. Il y avait peu de corridors obscurs ou de cul-de-sac, mais l’endroit était quand même vaste. La garnison comptait plus d’une centaine d’hommes, s’ajoutait à cela une cinquantaine de domestiques. La famille élargie du seigneur comptait bien pour une dizaine d’âmes de plus. Ce château était presque aussi important que la forteresse dans laquelle j’avais grandi. 

Je venais de trouver les dépenses lorsque quelqu’un se racla la gorge derrière moi. Je fis volteface, ma dague en main. Sabaya leva les mains en signe de paix. Les ombres projetées par la torche au mur n’étaient pas suffisantes pour dissimuler son amusement. Je rangeai ma lame avec une grimace d’excuse. 

– Si Tarinne te trouve ici, tu auras besoin de plus qu’un couteau à dépecer pour l’impressionner. 

– L’intendante? Elle ne m’a pas semblé si terrible. 

Le sourire de Sabaya s’étira un peu plus. 

– Non, mais elle a l’oreille de la cheffe cuisinière. Tu pourrais te retrouver avec tous les morceaux calcinés. 

– Si je me fie à la cuisine de ce soir, il ne doit pas y avoir de plats réellement indigestes servis ici. 

La jeune femme acquiesça avec un sourire en coin puis s’approcha, les mains croisées dans son dos. Son pas était léger et ses mocassins de cuir souple ne faisaient aucun bruit sur la pierre, ce qui expliquait sans doute qu’elle ait réussi à me prendre par surprise. 

– Cherchais-tu quelque chose en particulier? 

Je laissai mon regard se promener sur le corridor et la série de portes fermées. L’endroit était propre et l’éclairage était fonctionnel, mais c’était loin d’être le genre d’endroit qui attire les visiteurs bien intentionnés. Je pourrais difficilement plaider m’être perdu sur le chemin des latrines, alors je haussai les épaules. 

– Je plaide l’ennui. Tout le monde était absorbé par le ménestrel, mais après trois semaines passées en sa compagnie, j’avais besoin de changer d’air. 

Une lueur amusée traversa son regard et quelque chose me dit qu’elle était loin d’être dupe. Elle se balança d’avant en arrière sur ses talons. 

– Fasciné par les châteaux? Je pourrais te faire une visite guidée. 

Je retroussai le nez. 

– Tous les châteaux se ressemblent. 

Son sourire se fit plus grand et je restai pris de court. La plupart des gens se seraient empressés de défendre leur foyer. Je révisai son âge de quelques années de plus. 

– Je n’ai pas vraiment voyagé, contrairement aux caravaniers, mais je sais qu’il y a une chose qui fascine toujours les visiteurs du Sud. Veux-tu que je te le montre? Si tu n’es pas impressionné, je te concéderai le point. 

Je plissai les yeux devant son air de défi. Comme je n’avais pas grand-chose à perdre, je lui fis une courbette exagérée et tendis la main pour qu’elle prenne les devants. Plutôt que de retourner sur ses pas, elle poursuivit vers l’extrémité du couloir jusqu’à arriver à une porte de service. Elle jeta un regard dans la cour et me fit signe de la suivre le long des baraques.  

La nuit était tombée pendant le souper et l’éclairage ne suffisait pas à repousser les ombres. Elle prit soin de rester loin des torches et de leur halo de lumière. Comme elle semblait sur le qui-vive, je chuchotai. 

– Pourquoi devons-nous être discrets? 

Elle me lança un regard espiègle par-dessus son épaule. 

– Parce qu’il y a toujours quelqu’un pour me demander quelque chose. 

Après avoir longé les remparts jusqu’à la partie nord, elle poussa un battant de bois renforci. La tour de guet était juste au-dessus de nous et bien éclairée. Les silhouettes des soldats étaient faciles à distinguer. Le ciel était libre de nuages et un fin croissant de lune projetait une lumière faiblarde. Sabaya suivit la direction de mon regard avant de tirer sur ma manche pour que je la suive. 

De l’autre côté du mur, une deuxième cour avait été aménagée en un énorme jardin.  Des statues de créatures mythiques ornaient le début d’un sentier. Quelques plates-bandes avaient été soigneusement entretenues, mais le reste semblait laissé en jachère. Un peu plus loin, un bouquet d’immenses arbres plongeait le reste de la cour dans l’obscurité. Je fronçai les sourcils devant cette frivolité. Le risque d’incendie aurait fait blêmir mon père, d’autant plus que ça complexifiait la défense des lieux. 

Des mouvements attirèrent mon attention sur le côté. Le long du rempart, des auges et des remises s’alignaient, semblables aux installations des écuries. Des hommes et des femmes s’affairaient à remplir des seaux et vider des brouettes. Certains portaient des habits de soldats, d’autres des simples vêtements de travail.  

Puis je vis la première créature au-dessus de nos têtes. 

Ses ailes étaient déployées pour lui permettre de planer au-dessus de la cour. La tête ressemblait à celle d’un chien de chasse et son pelage pâle faisait contrepoint sur la canopée, la lumière des torches du rempart lui donnant des reflets dorés. Avec quelques battements, elle ralentit sa descente et se posa devant une femme soldat. Cette dernière lui tapota l’encolure et l’entraîna vers un des seaux. À en juger par la stature de la femme, l’animal devait faire la même taille qu’un petit cheval de bataille. Ses pattes griffues avaient certainement la capacité d’étêter un homme adulte. 

Le bruissement de plusieurs battements d’ailes me fit relever les yeux et une dizaine d’autres créatures apparurent au-dessus de nous. Certaines étaient noires, presque invisibles sur le ciel nocturne, alors que d’autres arboraient toutes les teintes depuis le brun café jusqu’au jaune pâle de la bière. 

– Ils sont beaux, n’est-ce pas? 

Je me tournai vers Sabaya qui les regardait avec un sourire affectueux. Mon attention se porta sur les hautes branches des arbres avec un regard nouveau. J’en avais rarement vu de semblables. Leur écorce semblait filandreuse, avec un relief tout en longueur. Les racines formaient des vagues tout autour de leurs pieds, et les troncs s’élevaient plus haut que la tour principale du château. Les premières branches étaient bien au-dessus de la tête d’un homme à cheval et y grimper exigerait des cordages ou une échelle.  

– Les arbres, c’est là qu’ils nichent? 

Elle acquiesça et me fit signe de la suivre sur le sentier. Les palefreniers allaient et venaient tandis que chaque soldat prenait un animal en charge. Les bêtes se laissaient brosser et bichonner comme l’aurait fait un cheval. Avec la proximité, les interactions entre les animaux et leur dresseur étaient plus faciles à étudier. L’affection était visible dans le comportement joueur de certains chiens ailés et les soldats prenaient visiblement leur rôle au sérieux.  

– Les simargs de la ménagerie nichent dans le jardin, mais une colonie sauvage occupe les arbres aux pieds des montagnes.  

– Ils doivent poser problème pour les troupeaux des hameaux environnants. 

Elle secoua la tête. 

– Il ne pousse pas grand-chose dans cette région. Les faubourgs sous notre protection sont tous à l’ouest du château, le long de la route par laquelle vous êtes arrivés, et un peu plus au sud. Il y a bien une tour de guet dans cette direction, mais ce sont nos soldats qui y assurent une présence. 

Je calquai ma vitesse sur la sienne, satisfait d’observer les simargs et leurs cavaliers. Une brise m’apporta une odeur semblable à celle des chiens domestiques, mais avec une note fauve. 

– On m’a dit qu’il n’y a pas de simargs au Sud, reprit Sabaya. Ils ne vivent qu’au nord du détroit. 

– Je n’ai effectivement jamais rien vu de semblable. 

Son sourire illumina son visage et elle écarta les bras avec satisfaction. Un aboiement nous fit tourner vers les créatures. L’une d’elles s’agitait et refusait la main tendue d’un palefrenier. Sabaya soupira et porta les doigts à ses lèvres pour siffler. L’animal redressa la tête comme un chien l’aurait fait à l’appel de son maître. Ses ailes s’agitèrent sur son dos, mais il se dirigea vers nous au petit trot sans prendre son envol.  

Sa queue s’agita et son dos s’arrondit de plaisir. Il émit une sorte de ronflement avant de faire pleuvoir des coups de langue sur le visage de Sabaya. Elle s’exclama et le repoussa à deux mains, mais ses efforts semblaient manquer de vigueur. L’animal se tourna vers moi et prit une posture défensive. Je fléchis les genoux par réflexe, prêt à esquiver une charge, même si je doutais faire le poids devant la masse de la créature. Sabaya haussa les sourcils et me fit signe d’approcher.  

– Celui-ci s’appelle Nym. Il est plus têtu que méchant. Dis bonjour, lui demanda-t-elle. 

Le simarg s’assit sur son arrière-train et émit un « wouf » paresseux. La langue sortie, il avait l’air bien moins impressionnant. Je tendis la main et le laissai me renifler. Il fit un pas vers moi et inspecta la main tendue avant de remonter vers ma ceinture. Il inspira à quelques reprises et je sourcillai en repensant à la viande séchée dans ma pochette. J’en sortis un morceau sous le regard curieux de Nym. Ses oreilles se redressèrent à la vue de la nourriture et sa queue se mit à fouetter l’air. D’un mouvement de poignet, je lançai la viande séchée dans les airs et les mâchoires du chien claquèrent lorsqu’il l’attrapa. 

– Maintenant, tu ne pourras plus t’en débarrasser, dit Sabaya. Il va te pourchasser partout dès qu’il t’apercevra dans la cour. 

Je haussai les épaules tout en repoussant la truffe qui était revenue à la charge. Je ne pus m’empêcher de rire devant son expression implorante. Sabaya lui tapota le flanc. 

– Assez, Nym, sois poli. 

Le chien ailé se détourna à contrecœur pour aller donner un dernier coup de langue à Sabaya avant de s’éloigner au petit trot. Après quelques foulées, il étendit ses ailes et bondit pour prendre son envol. Je le suivis du regard jusqu’à ce qu’il disparaisse entre les branches. 

– C’est incroyable. Et tu avais raison, je n’ai jamais rien vu de tel dans un château. 

Le sourire de Sabaya était celui d’une gamine et je le lui rendis. Mon regard se reporta sur les frondaisons. 

– Alors ils sont domestiqués? 

Elle se mit à marcher en suivant le sentier, prenant garde à rester parallèle aux remparts, dans le halo des torches. La plupart des soldats avaient terminé leur routine du soir et souhaitaient bonne nuit à leurs compagnons ailés. Un simarg prit son envol juste à côté de nous et le courant d’air produit par ses ailes secoua les robes de Sabaya. 

– La plupart. Nous avons une division de cavalerie à dos de simarg. 

Elle salua un des soldats de la main et il lui répondit d’un sourire chaleureux avant de ramasser son seau. Les possibilités étaient intrigantes, et ceux qui chevauchaient de telles créatures avaient toute mon admiration, mais je n’étais pas certain d’être assez brave pour faire une tentative de vol. 

– Quelle distance peuvent-ils parcourir? S’ils ne vont jamais au Sud, j’imagine qu’ils sont limités. 

Sabaya retroussa le nez avant de contourner un bosquet pour prendre le chemin du retour.  

– Ce ne sont pas des mammifères, mais des créatures magiques. Les archivistes pensent qu’ils sont liés aux gisements de pierres précieuses qu’on trouve au Nord. 

Un frisson me traversa à cette mention, car si les deux étaient liés, cela signifiait qu’un tel gisement se trouvait à proximité du château. Je pris une inspiration calculée et m’assurai de garder mes muscles détendus. 

– J’ai effectivement entendu parler des joyaux du Nord. 

– Assurément. 

Je fronçai les sourcils à son ton et elle agita une main en guise de réponse. 

– Je n’ai peut-être pas voyagé, mais je sais ce qu’on en dit. Ce sont les plus gros du continent. 

– C’est effectivement le mot qui court. Je suis d’ailleurs plutôt surpris, je m’attendais à en voir en exposition ou à l’honneur dans la grande salle. 

Elle secoua la tête et s’arrêta devant la porte qui menait vers la cour principale. 

– Ce ne sont pas des joyaux comme ceux qu’on utilise pour sertir les bijoux. Quoique certains soient montés en broche ou en collier. Comme les simargs, ils sont magiques de nature. On les traite différemment des pierres que vous trouvez au Sud. 

Je me contentai de répondre avec un hochement de tête. Il valait mieux qu’elle ne soupçonne pas l’ampleur de ma curiosité. Visiblement, elle était ouverte à discuter avec un étranger et j’aurais d’autres occasions de profiter de sa volubilité. Elle passa l’arche et je refermai la porte derrière nous.  

Dans la cour, les caravaniers avaient regagné leurs chariots et on les entendait se préparer pour la nuit. Plusieurs torchères sur pied avaient été allumées pour baliser le chemin. Sabaya me raccompagna en silence jusqu’au campement improvisé. 

– Je suis contente d’avoir pu te surprendre, … 

Comme elle cherchait visiblement mon nom, je lui fis une courbette faussement solennelle, ce qui la fit sourire. 

– Jonas. Merci pour la visite guidée. 

– Ce fut un plaisir, Jonas. Mais comme je te l’ai dit, ne laisse pas Tarinne te surprendre dans ses réserves. 

Elle tourna les talons avec un clin d’œil et prit la direction de la tour principale. Un domestique arriva au pas de course et l’apostropha pour lui demander de la suivre. Elle lui emboîta le pas avec un sourire. Ses paroles me revinrent, voulant que quelqu’un avait toujours affaire à elle. Je n’étais pas encore sûr du rôle qu’elle jouait au sein du château, mais je finirais bien par comprendre.  

Collectif du solstice d’été

Trois livres, ce n’est pas assez pour explorer toutes les possibilités offertes par le folklore québécois. Surtout quand on ajoute les cultures autochtones, qui possèdent un riche répertoire de légendes et d’histoires.  

Dans la série du Windigo, les Shamans et leur magie sont à peine abordés, principalement parce que je trouvais le sujet trop important pour le mettre en second plan, mais aussi parce que cet aspect culturel est délicat à traiter dans le respect.  

C’est pour cette raison que j’ai voulu écrire une nouvelle dans laquelle Ellie découvrirait une facette des cultures autochtones, tout en développant le côté fantastique des Shamans dans l’univers de la série Windigo. Il lui fallait donc une amie dans cette aventure, et c’est ainsi qu’a vu le jour Lou Ann, une jeune femme qui découvre son héritage culturel et magique. 

Cette idée me trottait déjà en tête lorsque ma collègue écrivaine et amie Isabelle D. Boutin a lancé un appel de texte par le biais de sa maison d’éditions émergente, les Éditions Inusitées. Le recueil se veut une fenêtre sur le fantastique francophone, que ce soit québécois, canadien ou même français, et regroupe un total de 21 auteurs. La thématique des textes devait tourner autour du solstice d’été et le reste était laissé à l’inspiration des auteurs. 

J’ai donc entrepris de faire des recherches, passant de la roue de médecine, à la purification par la fumée, les manitous, les esprits totems et plusieurs autres sujets très intéressants. L’Office national du film a d’ailleurs été une ressource fort inspirante grâce à sa collection en ligne et je vous invite à y jeter un coup d’œil. La dimension spirituelle chez les autochtones est fascinante et très inspirante. Comme le 21 juin est aussi la Journée nationale des peuples autochtones au Canada, cette thématique me semblait parfaite pour le recueil. 

Bien sûr, mon histoire avait besoin d’un antagoniste et j’ai été piger dans les légendes celtiques avec le Cerf blanc. Cet animal mythique annonce généralement une quête spirituelle, et il échappe toujours à la capture dans les histoires. Comme mes personnages principaux Lou Anne et Ellie cherchent à définir leur rôle et leur place dans la communauté surnaturelle, je trouvais cet adversaire fort à propos. 

La nouvelle s’intitule « L’éveil ». Je suis très fière de la savoir aux côtés de 20 autres nouvelles sur le thème du solstice d’été. Certains textes ont une saveur fantastique, alors que d’autres touchent au merveilleux ou encore au surnaturel. Au fil de ma lecture de ce collectif, j’ai été touchée, parfois troublée, mais surtout charmée par ces univers tous différents regroupés sous un thème commun.

Le livre est disponible en commande auprès de la maison d’édition, au format papier ou numérique. Vous pouvez aussi commander une copie papier dédicacée directment auprès de moi. 

Je vous laisse sur un court extrait de la nouvelle. 


Un craquement me fit tourner la tête. Je pouvais difficilement croire qu’Ellie parvenait à accomplir l’exercice alors qu’elle n’avait rien de tangible à y gagner. D’autant que je doutais que mon animal-totem puisse me contacter, malgré mes dons. Si une telle chose existait. Jeme redressai et ramenai les genoux contre ma poitrine. Tout ça était ridicule. Je m’étais laissée amadouer par Ellie et son discours rassurant, puis par les convictions de Grand-père et d’Annick, mais ces histoires ne m’appartenaient pas. J’allais aller au bout de cette soirée, puis, dans quelques jours, je contacterais Annick pour la remercier et lui dire que j’arrêtais mes démarches. 

J’inspirai résolument. C’était mieux ainsi. Mes études prenaient déjà assez de temps et je savais que mes parents tenaient à ce que je maintienne mes performances. Les cours de langue étaient déjà une distraction, s’il fallait que j’ajoute les cours de… shamanisme? J’allais manquer de temps et d’énergie. 

Un bruit sur ma droite me fit sursauter. Ça ne pouvait pas être Ellie. Je me tournai vers elle et repérai rapidement sa silhouette perchée sur sa roche, illuminée par le quartier de lune au-dessus des arbres. Une série de craquements me firent bondir sur mes pieds. Le chuchotement d’Ellie me parvint. 

—Qu’est-ce que c’était? 

Je retins mon souffle et tendis l’oreille tout en pivotant sur moi-même. Le sous-bois était si dense que le noir était presque absolu. Le craquement des branches et le murmure des feuilles signalaient le passage du vent. Un chatoiement entre deux arbres me fit arrêter. Je plissai les yeux et tentai de distinguer qui ça pouvait bien être. Si c’était Annick, elle avait fait un sacré détour pour arriver de ce côté. Le bruissement des feuilles mortes me signala l’approche d’Ellie. Je me tournai vers elle et pointai l’étrange lueur. 

—Est-ce que c’est un chevreuil? 

La silhouette ressemblait effectivement à un animal avec des bois. Un coup de coude dans les côtes ramena mon attention sur Ellie. 

—Est-ce que ça pourrait être un animal-totem? Le Chevreuil est un des clans wendat. 

Je retroussai le nez. 

—Il n’y a pas de chevreuil en Amérique. Ce sont des cerfs de Virginie. 

J’entendis son soupir exaspéré et ne pus retenir mon sourire. La créature se rapprochait et son contour était plus facile à discerner. Son encolure était massive et couverte de longs poils. Ses bois comptaient au moins une dizaine de pointes. Ce qui en faisait bel et bien un cerf. Sa blancheur éthérée le mettait toutefois fermement dans la catégorie du surnaturel. Ou alors c’était un phénomène de bioluminescence dont je n’avais jamais entendu parler. Des petits points lumineux tournoyaient autour de son panache, comme si une armée de lucioles le suivait. 

—On devrait aller voir de plus près, chuchota Ellie. 

J’acquiesçai, mais elle avait déjà pris les devants. 

Un extrait de La chasse du Windigo

La sortie du tome 3 de la série Windigo est prévue le 20 mai 2021. C’est le point culminant de tous les efforts d’Ellie. Je n’ai pas pu résister à la tentation d’inclure de nouvelles créatures fantastiques du folklore, mais je vous promets que tous vos personnages préférés seront au rendez-vous.

Dans cette scène, Ellie se prépare à partir pour assister aux festivités du Solstice qui auront lieu à Montréal sur le territoire des vampires.

Bonne lecture!


Je regardai ma valise à moitié pleine avec lassitude. La soirée d’hier s’était prolongée jusqu’aux petites heures du matin. Marc était arrivé un peu après Alain en compagnie d’une femme mage. Il m’avait expliqué que Magalie serait à même de tracer des glyphes beaucoup plus puissants que lui. Elle m’avait semblé sympathique, mais elle n’avait cessé de lancer des regards suspicieux à Karl.  

Assez que ce dernier avait décidé d’accompagner Alain à l’étage. J’avais ressenti un certain pincement de regret devant cette méfiance, mais mon lien avec Karl m’avait révélé qu’il n’éprouvait qu’une légère irritation. Soit c’était sa réception habituelle parmi les surnaturels, soit il était réellement imperméable à ce genre d’attitude. 

Marc m’avait remis une série d’amulettes à porter contre ma peau. Le collier ressemblait à un ensemble de billes et de breloques. Certaines réagissaient en présence de poison, d’autres signalaient la présence de cercles de pouvoirs. Pendant ce temps, Magalie avait tracé des glyphes sur mes avant-bras. Elle avait utilisé un énorme pinceau enduit d’encre bleue.  

J’avais fini avec des marques des poignets aux épaules. Elle avait ensuite pris mes mains dans les siennes et psalmodié pendant près d’une vingtaine de minutes. Au bout d’un moment, mes bras s’étaient illuminés d’une lueur bleutée. Marc m’avait ensuite expliqué comment les activer en retraçant la forme. Il m’avait fait mémoriser la localisation de chaque glyphe et sa fonction. Au final, j’en avais une dizaine avec diverses fonctions, variant de la guérison des blessures mineures à l’augmentation de mes capacités naturelles comme la vitesse ou la vue. 

Malgré l’heure tardive à laquelle Marc et Magalie étaient partis, Karl était apparu juste après. Il avait étudié mes bras avec curiosité avant de me chasser vers mon lit devant mes bâillements. Les quelques heures de sommeil suivantes avaient été agitées et j’avais l’impression d’avoir dormi sur la corde à linge. Je soupirai et me tournai vers ma garde-robe.  

Ma petite robe noire toute simple devrait faire l’affaire pour la soirée officielle de dimanche. D’ici là, je pourrais sûrement m’en sauver avec des pantalons à coupe droite accompagnés de quelques chemisiers unis. J’ajoutai un ensemble de sport et un pyjama au cas où nous aurions le temps de nous reposer. 

J’entendis la porte avant s’ouvrir et se refermer. Quelques secondes plus tard, Karl arriva dans mon cadre de porte, le bout du nez rougi par le froid. Son regard alterna entre moi et ma valise. 

– J’ai préparé des tasses de café de voyage. Tu me feras signe quand tes bagages seront prêts et je les mettrai dans le coffre. 

J’acquiesçai avant d’attraper ma trousse de soins personnels pour vérifier que j’avais mon maquillage et mon ensemble de douche de voyage. Le carillon de la porte avant se mit à jouer et Karl se retourna avec un froncement de sourcils. Ça ne pouvait pas être Alain puisqu’il ne sonnait jamais. Karl s’éloigna et je l’entendis ouvrir. La voix de Christian répondit à sa salutation. C’était à mon tour de froncer les sourcils. 

Karl se fit l’écho de mes pensées et demanda à Christian la raison de sa présence. 

– Ellie va embarquer avec nous, répondit-il. En cas d’attaque, si vous n’êtes que deux, elle sera vulnérable.  

Je me dépêchai de fermer ma valise. Hors de question que j’embarque dans la minivan de Christian pour passer les trois prochaines heures entourée de Faoladh. Karl et moi n’avions pas eu un seul moment à nous depuis la mi-session. Je sortis de ma chambre comme Alain arrivait sur le palier extérieur. 

– Ils ne seront pas seuls, dit-il. Je les accompagne. 

Je stoppai net et me mordis la langue. Autant pour moi, nous n’aurions certainement pas la chance de discuter pendant le trajet. Mon regard alterna entre les épaules crispées de Karl et l’air buté de Christian. Comme chef de meute, il était habitué que ses ordres soient écoutés. Même s’il traitait généralement Karl comme un allié, le fait qu’il ait le même âge que Bastien avait tendance à mêler les cartes. 

Je m’éclaircis la gorge et agitai une main pour attirer leur attention. Trois regards se posèrent sur moi, trois prédateurs dont l’attitude allait de l’animosité à la provocation. Un frisson me remonta le dos au courant d’air créé par la porte ouverte. Je camouflai mon malaise derrière un haussement de sourcils. 

– Vous vous souvenez tous que je suis une adulte avec la liberté de faire mes propres choix. Nous allons rouler en convoi et je serai accompagnée de mes protecteurs habituels. Christian, je suis touchée par ton offre, mais ça ne sera pas nécessaire. 

Ses mâchoires se crispèrent, mais il acquiesça avant de pointer par-dessus son épaule.  

– Je vous envoie Gill. Il a besoin de discuter avec des jeunes de son âge. 

Sur ce, il tourna les talons et alla jusqu’à sa voiture stationnée au bord de la rue. 

– Est-ce qu’il vient de me traiter de jeunot? marmonna Alain. Il est trop tôt pour se chamailler. 

Lieux et inspiration

Une de mes préoccupations en écrivant la série Windigo était de mettre de l’avant les légendes et le folklore québécois. C’était logique de mettre mon histoire en scène dans des lieux qui m’étaient familiers.

Dans le tome 1, on retrouve Ellie sur le campus de l’Université Laval, qui est en fait mon lieu de travail des 10 dernières années. L’été, quand les étudiants sont absents, c’est très paisaible. Avec mes collègues, nous attendons toujours le retour en classe avec plaisir et appréhension. L’endroit est toujours bouillonnant de vie et d’activités: des joggeurs, des employés et des étudiants, sans oublier les marmottes plutôt dodues. (Pour nos amis Français, ce sont de gros rongeurs qui vivent dans des terriers.)

Dans le tome 2, Ellie se rend au parc naturel du Mont-Belair, un autre endroit avec des sentiers très agréables pour toute la famille. Le parc compte une piscine et plusieurs modules de jeux. Les sentiers se rendent jusqu’aux lignes électriques, un large passage avec des pîlones en métal, donnant accès à des kilomètres de pistes utilisées par les véhicules tout terrain, les chevaux et les randonneurs.

Pour le tome 3, les choses étaient légèrement différentes. *SPOILER* La reine Mab exige que la rencontre des Clans et de la Faction se tienne à Montréal. J’ai donc eu quelques recherches à effectuer. Montréal est bien ma ville de naissance, mais je l’ai quitté à 17 ans. J’y reviens pour voir ma famille sur une base régulière, mais pas assez pour connaître les endroits vraiment intéressants. J’ai donc fait appel à un de mes frères. 

Sans ordre particulier, voici les endroits qui ont retenu mon attention. 

La Gare Viger 

Construite entre 1896 et 1898 selon une architecture inspirée des châteaux de la Loire, en France, la gare-hôtel Viger est constituée d’un amalgame de béton, de bois et d’acier. Un immeuble adjacent, soit l’ancienne gare Berri, a été érigé en 1910 et 1911. Ces deux bâtiments offrent environ 150 000 pieds carrés d’espace.  

L’édifice accueille ses premiers voyageurs en août 1898. La gare et de nombreux services pour les passagers occupent le rez-de-chaussée. Au premier étage est aménagé un restaurant spacieux qui offre à ses clients l’accès à une large terrasse donnant sur la rue Craig (actuelle rue Saint-Antoine). Les 88 chambres de l’hôtel sont réparties dans les étages supérieurs. 

Elle est présentement inoccupée et a fait l’objet de plusieurs relances et de projets qui n’ont jamais été terminés.  L’idée que le bâtiment soit si énorme, mais que rien ne s’y passe, me laisse perplexe. Au fil des ans, un des promotteurs aurait dû réussir à transformer l’endroit, mais tous les projets semblent voués à l’échec. Assurément, il y a anguille sous roche.

Consultez toute l’histoire du bâtiment

Les Lofts Fattal et la Death House 

Les Lofts Fattal étaient un groupe de bâtiments sur la rue St-Rémi. Le loyer était peu élevé et le quartier attirait des gens au mode de vie alternatif. L’endroit était décrit comme ayant un réel esprit de communauté. Les unités ressemblaient un peu à des espaces de rangement; petits et carrés, avec de hauts plafonds et une mezzanine pour la chambre à coucher. Ils ont été démolis en 2017, mais pour le bien de l’histoire, j’ai un peu tricoté autour de ce fait… Appelons ça la liberté artistique. 😉 

La Death house se trouve juste à côté. C’était une boîte de nuit et une salle de spectacle underground, reconnu pour ses tendances punk. L’endroit aurait cessé d’opérer en 2015. C’était plutôt difficile d’accès et la façon la plus simple était de traverser les rails de chemin de fer. 

Dans les deux cas, je trouvais que c’était les repères parfaits pour des créatures surnaturelles. Le 20 mai, vous pourrez découvrir ces endroits et ce qui y rôde. 

Un extrait de L’ennemi du Windigo

Voici le tome 2 de la série Windigo, où on retrouve Ellie, accompagnée des Faoladh et de Karl. Plusieurs autres créatures surnaturelles seront au rendez-vous: une lavandière de nuit, l’oiseau-tonnerre et des feux follets, pour ne nommer que ceux-là. La sortie est prévue le 11 février 2021.

Voici un petit extrait pour vous faire patienter!


Le vent nous apporta une odeur de cuisson et mon estomac me fit regretter d’avoir choisi d’attendre. Je grimaçai et hâtai le pas. Une fois dans le stationnement, je remarquai une voiture arrêtée au milieu de la voie. La portière s’ouvrit et je me figeai à la vue de Bastien. Ses cheveux châtains étaient cachés par une casquette trucker noire et rouge. Il me dépassait d’une bonne tête, tout en muscles, en partie grâce à son héritage surnaturel, mais aussi en raison de son mode de vie actif. Son habituel sourire en coin était absent et la surprise me fit ralentir. Il referma la portière avec un geste brusque, les sourcils froncés. 

Geneviève n’avait pas remarqué sa présence et elle avait continué vers la rangée suivante. En s’apercevant que je ne la suivais plus, elle rebroussa chemin. Elle n’avait jamais caché son intérêt pour Bastien, mais c’était malheureusement à sens unique. Elle arqua un sourcil interrogateur à mon intention. Mon regard alterna entre les deux et ma poitrine se creusa. Bastien me manquait tellement, mais le fossé entre nous était difficile à franchir. 

– Où est ta voiture? demanda-t-il. 

– Elle embarque avec moi, intervint Geneviève. 

J’inspirai pour masquer ma déception à ses paroles. Cette conversation aurait pu prendre bien des tournures différentes, mais la réconciliation ne semblait pas être au menu du jour. 

– Salut Bastien, répondis-je. Je suis contente de te voir. 

Il soupira et se passa une main sur le visage. 

– Je suis content de te voir aussi. 

Il avança jusqu’à moi et me serra dans ses bras. Je lui rendis son étreinte, la gorge trop serrée pour parler. Il recula finalement. 

– Je m’ennuie de nos collations du soir. 

Je secouai la tête avec un rire étranglé. 

– Tu t’ennuies seulement que je te prépare à manger. 

Il mit une main sur sa poitrine avec un sourire moqueur. 

– Tu me brises le cœur. 

– Tu confonds avec la faim. 

Son visage s’éclaira d’un réel sourire avant de redevenir sérieux. 

– Tu me manques, Ellie. La maison est trop tranquille sans toi. 

Je hochai la tête, incapable de lui répondre avec des mots. Il se balança d’un pied à l’autre et jeta un coup d’œil à Geneviève. Elle avait la bouche pincée et le considérait avec un air pensif. 

– Je dois parler à Ellie un moment. Je te la rends après. 

Ses mâchoires se crispèrent et elle me jeta un regard. Je n’avais pas beaucoup d’amies, mais Geneviève était une perle. Je lui fis signe d’accepter et elle s’éloigna avec un soupir résigné. Bastien se passa une main sur la nuque. 

– Nous avons eu un incident délicat avec la meute. Un loup-garou bestial a attaqué un couple de touristes dans les monts Chic-Chocs. Ils ont survécu, mais l’homme a été infecté. 

Je frissonnai à cette nouvelle. En coupant mes liens avec la meute, j’avais aussi perdu mes sources d’information. Karl m’en racontait un peu, mais je le soupçonnais de passer par-dessus bien des détails. Les survivants de ce genre d’attaque étaient plutôt rares. Marc et moi faisions partie des exceptions. Mais seules la chance et l’intervention des Faoladh, nous avaient sauvé la vie. Les monstres qui avaient tué mes parents avaient fait près d’une trentaine de victimes avant d’être abattus. La mine sombre, Bastien poursuivit. 

– Christian et les sentinelles font de leur mieux pour qu’il survive à la transformation. C’est un homme bien. Mais la présence de sa femme le chamboule trop. 

Un mauvais pressentiment me fit plisser les yeux. Il dut le sentir, car il se dépêcha de terminer. 

– Megan est une humaine normale. L’existence du monde surnaturel ne semble pas l’avoir trop dérouté, mais on préférerait la tenir à l’œil. 

Je croisai les bras alors que la frustration me faisait serrer les dents. 

– Je suis sûr que Sorcha peut s’occuper d’une simple humaine. 

Il secoua la tête. 

– Rian et elle sont encore occupés à traquer le loup-garou bestial. Bridget essaie de finaliser le texte de la constitution avant la visite officielle de la délégation du Roi-Mage dans deux semaines. 

La porte du côté passager grinça et une femme sortit de la voiture. Ses cheveux bruns ondulés s’agitèrent dans le vent et elle les repoussa d’une main. Elle devait faire à peu près la même taille que moi, mais sa stature était plus délicate. 

– Bastien, comme je te l’ai dit, je peux rester chez moi. C’est visiblement trop compliqué de me trouver une gardienne. 

Son ton était léger, mais une pointe d’amertume se faisait sentir. Sa situation ne m’était pas étrangère. J’avais aussi été à la merci des Faoladh et de leur bienveillance étouffante. Bastien fronça les sourcils à l’intention de Megan. 

– C’est autant pour ta sécurité que pour la tranquillité d’esprit de Jeremy. 

Une expression coupable passa sur le visage de Megan et j’eus un élan de sympathie. Avant de me rappeler que je ne pouvais pas laisser la meute dicter mes actes ou me demander d’accomplir des tâches. Un bandeau de tension commença à m’enserrer le front. Je portai mes mains à mes tempes et fermai les yeux.  

– Ce serait seulement pour le reste de la journée, dit-il. Tu pourras la ramener ce soir. On fera livrer une pizza et on rattrapera le temps perdu. Qu’est-ce que tu en dis? 

Il avait terminé avec un sourire gamin, celui auquel j’avais énormément de difficultés à dire non. Nous avions grandi ensemble, presque soudés l’un à l’autre. Nos chemins avaient divergé à la fin de l’adolescence, mais c’était probablement la personne qui me connaissait le mieux au monde. Derrière lui, Megan nous observait avec une expression inquiète. Elle aurait besoin d’une bonne dose de courage et de toute l’aide possible pour passer au travers des prochains jours. 

C’était peut-être despotique de la part de Christian de croire que j’allais tout abandonner pour m’occuper de Megan, mais force m’était d’admettre que j’étais particulièrement bien placée pour l’aider à réconcilier sa nouvelle vie avec l’ancienne. Je pointai Bastien du doigt. 

– Je te reparlerai ce soir lorsque je ramènerai Megan à Sainte-Catherine. On verra à ce moment si j’ai envie de passer du temps avec toi. 

Il acquiesça d’un air reconnaissant et je le chassai d’un geste de la main. 

– Va aider Christian à conquérir le monde. Je vais faire connaissance avec Megan pendant ce temps. 

– Merci, dit-il. 

Il m’attrapa par les épaules dans une rapide étreinte et déposa un baiser sur ma joue. Il retourna auprès de Megan et ils échangèrent quelques mots. Finalement, il lui fit signe de me rejoindre avant d’embarquer dans sa voiture. Il agita la main à mon intention une dernière fois avant de prendre la direction de l’autoroute Robert-Bourassa. 

Je me tournai vers Megan et pris une profonde inspiration. Elle pivota sur elle-même, son regard passant d’un bâtiment à l’autre. 

– Ça n’a pas beaucoup changé depuis cinq ans. 

Je pointai en direction du pavillon Alphonse-Desjardins.  

– On pourrait aller prendre un café au pub universitaire. Quelqu’un va me rapporter ma voiture d’ici une heure. On pourra ensuite passer l’après-midi dans un endroit plus tranquille. 

Elle acquiesça avec un air neutre. Derrière moi, le gravier crissa et je me tournai pour voir Geneviève approcher. Son regard alterna entre Megan et moi. Je fis signe à cette dernière de m’attendre et allai rejoindre Geneviève. 

– C’est la femme du cousin de Bridget. Son mari a eu un diagnostic médical obscur. Bastien veut que je passe quelques heures avec elle, le temps que la famille se remette de ses émotions. Je crois qu’elle va avoir besoin de discuter… 

J’agitai les mains, en manque de mots pour terminer mon mensonge. Geneviève jeta un coup d’oeil à Megan par-dessus mon épaule avec un air perplexe. 

– On ne dit pas non à la famille, j’imagine. On ira sur la rue Saint-Jean une autre fois. 

– Désolé. 

Elle haussa les épaules avec un sourire. 

– Je t’appellerai ce soir et tu me raconteras. 

Je la regardai s’éloigner avec un pincement au cœur. La prudence me dictait de la garder à l’écart de l’aspect surnaturel de ma vie. Je ne le faisais pas de gaieté de cœur et la situation me pesait sur la conscience, mais c’était plus sécuritaire ainsi. Je me tournai vers Megan. Elle haussa les sourcils, les mains croisées sous ses bras pour les garder au chaud. Nous avions beau être en plein soleil, les bourrasques étaient froides.  

– Je ne sais pas toi, mais je suis affamée. 

Elle cligna des yeux à quelques reprises. 

– Je crois que mon dernier repas date d’hier. 

La pauvre n’était pas au bout de ses peines. 

– Pour des protecteurs, les Faoladh sont parfois complètement à côté de la plaque. 

Elle eut un rire surpris. Je lui fis signe de me suivre. La psychanalyse attendrait que j’aie l’estomac plein. 

Une entrevue éclair par Coups de coeur Fantasy

Est-ce qu’il vous arrive de ne plus savoir quoi lire? Ou d’avoir une idée particulière en tête, mais de ne rien trouver qui s’en approche? C’est ce qui a motivé la création de la page Coups de coeur Fantasy. Cette page Facebook a pour vocation de partager des romans qui s’inscrivent dans le genre de la fantasy, que ce soit urbaine, dark, romantique ou héroïque. On y retrouve aussi bien des auteurs connus que des auteurs émergents. Je vous encourage à y jeter un coup d’oeil et vous abonner!

Chaque mercredi, la page présente une entrevue avec un auteur de fantasy. Le 13 janvier, c’était mon tour! Voici l’entrevue:

Ce mercredi, on vous présente Mélanie Dufresne, écrivaine, auteure de fantasy et de science-fiction. Voici son entrevue éclair! ⚡️
💘Nombre de mots écrits en carrière💘
J’approche le demi-million de mots écrits! J’ai publié 4 romans et 7 nouvelles.

💘Ton plaisir coupable💘
J’adoooore le chocolat. Et les romans où le monsieur a perdu sa chemise sur la couverture… Mais comme mon Kindle est lié au compte de mon conjoint, je peux rarement faire passer ces achats incognito. 😜

💘Ce que tu détestes💘
La noix de coco. Ark. Je suis incapable de tolérer le goût et j’ai bien de la difficulté avec l’odeur. Le crime ultime est de jumeler noix de coco et chocolat. Inacceptable.

💘Le thème de ta série💘
Ellie cherche à obtenir son indépendance. Elle pensera dans un premier lieu que c’est synonyme de solitude, mais les événements lui prouveront qu’elle a besoin des gens autour d’elle.

💘Le meilleur atout de ton personnage principal💘
Ellie est une survivante. La vie l’a rendu tenace et résiliente, ce qui lui servira dans ses interactions avec les créatures surnaturelles.

💘Le pire défaut de ton personnage principal💘
Les interactions sociales lui viennent difficilement, ce qui peut mener à des incompréhensions et de la mauvaise communication.

💘Une particularité de ton univers💘
J’ai mélangé les mythes habituels (vampires, loups-garous et Faes) avec le folklore québécois. J’ai repris notamment la légende du Windigo, du Bonhomme Sept Heures, de la Corriveau et la Dame blanche, pour ne nommer que ceux-là. Les événements se déroulent dans la ville de Québec et les environs.

💘Ton roman en une phrase💘
Ellie, jeune étudiante universitaire, se trouve mêlée à des rivalités entre les séparatistes et les loyalistes surnaturels, alors que l’enjeu pour elle est plutôt d’obtenir sa propre indépendance.


La Proie du Windigo

Que représente l’indépendance d’un individu devant l’indépendance d’une nation?
Jeune étudiante universitaire, Ellie Bergeron est curieuse de connaître le dénouement des discussions entre les créatures surnaturelles nord-américaines et européennes. À l’instar des Québécois normaux, la communauté surnaturelle souhaite obtenir son indépendance. Simple humaine adoptée par la meute des Faoladhs, des loups-garous de souche irlandaise, Ellie a une place de choix en coulisse pour observer leurs démarches.

Lorsque le monstre le plus effrayant d’Amérique du Nord la prend en chasse, Ellie passera de spectatrice à participante qu’elle le veuille ou non. Alors qu’elle tente de venir en aide à un ami, elle devra faire face à des révélations bouleversantes à propos d’elle-même et de ses proches. Certaines créatures surnaturelles voudront l’utiliser, d’autres préféreront l’éliminer pour la faire taire.

Comment Ellie pourra-t-elle obtenir son indépendance tout en aidant sa famille surnaturelle à obtenir la sienne?

La Proie du Windigo est le premier tome d’une trilogie où se mélangent fantasy urbaine et folklore québécois.

Disponible sur toutes les plateformes numériques: https://books2read.com/u/mglnk7

Une petite recette à partager

J’adore manger et je préfère généralement qu’il y aie une bonne dose de chocolat, surtout lorsqu’il est question de dessert. Mais cette recette est l’exception à la règle.

Je vous souhaite un beau temps des fêtes, avec les gens qui vous sont chers, de la nourriture délicieuse et des lectures réconfortantes.

Gâteau de petit déjeuner aux canneberges et à l’orange

Source : Alexandra Stafford
Temps de préparation : 10 minutes
Temps de cuisson : 50 minutes
Temps total : 60 minutes
Rendement : 8 à 10

DESCRIPTION

Si vous n’aimez pas les canneberges, beaucoup de gens ont eu de la chance avec des bleuets (myrtilles) surgelées. Le babeurre peut être remplacé par une demi tasse de lait avec 5 ml de vinaigre blanc.

De plus, cette pâte peut être préparée la veille. Ne la conservez pas dans le moule dans lequel vous prévoyez de la faire cuire – conservez-la dans un plat quelconque, puis transférez-la dans un moule graissé le matin.

INGRÉDIENTS

125 ml de beurre non salé, à température ambiante
le zeste d’une orange
250 ml + 15 ml de sucre
1 œuf, à température ambiante
5 ml de vanille
500 ml (256 g) de farine
10 ml de levure chimique
5 ml de sel
500 ml de canneberges fraîches ou congelées
125 ml de babeurre

INSTRUCTIONS

Préchauffez le four à 350ºF. Battre en crème le beurre avec le zeste d’orange et 1 tasse (250 ml) de sucre jusqu’à ce qu’il soit léger et mousseux.

Ajouter l’œuf et la vanille et battre jusqu’à ce que le tout soit homogène. Pendant ce temps, mélanger les canneberges avec 30 ml de farine. Dans un autre plat, mélanger le reste de la farine, la levure et le sel.

Ajoutez le mélange de farine à la pâte, petit à petit, en alternant avec le babeurre. Incorporer les canneberges.

Graisser un moule carré de 9 pouces (ou quelque chose de similaire) avec du beurre ou l’enduire d’un spray antiadhésif. Étendre la pâte dans le moule. Saupoudrer la pâte avec les 15 ml de sucre restant. Faites cuire au four pendant 45 minutes, puis vérifiez la cuisson en touchant doucement le dessus ou en insérant un cure-dent. Si nécessaire, remettez le moule au four, vérifiez toutes les cinq minutes environ – (remarque : la cuisson peut durer jusqu’à 50 minutes, surtout si vous avez préparé la pâte à l’avance). Laissez refroidir au moins 15 minutes avant de servir.

Bon appétit!

Une nouvelle nouvelle!

Parce que derrière chaque grand homme se cache… une équipe! Dominix ne pourrait pas accomplir la moitié de ses exploits sans son entourage.

Comme écrivaine, j’ai utilisé les nouvelles au départ comme des exercices d’écriture pour développer les personnages secondaires de la série. Finalement, ça a éventuellement servi à combler les trous laissés par la trame du temps des tomes principaux. Et j’ai voulu en faire profiter les lecteurs.

Mais comme il peut être fastidieux d’acheter toutes ces nouvelles à l’unité, j’ai décidé de les regrouper en un seul recueil. Voici donc l’anthologie qui regroupe les nouvelles déjà parues et ma toute dernière: Désillusion.

La sortie de l’anthologie est prévue le 3 décembre, ce qui marque l’anniversaire d’un an de Gemellus! Je trouvais que le moment était bien choisi pour boucler la boucle.

Voici un petit extrait de la toute dernière nouvelle qui nous raconte les mésaventures de Fergus entre les événements du tome 2 et du tome 3. Bonne lecture!


Désillusion

Le visage du gars devant moi pâlit de plusieurs tons. Il redéposa son transmetteur et fixa son écran sans bouger. Je me raclai la gorge pour attirer son attention. Ma mission avait été complétée et je voulais être payé. Il cligna des yeux et se tourna vers moi. 

– Une collision avec un gargantua. 

Je retins un soupir et décidai de prendre mon mal en patience. 

– Qui? 

– Le jeune qui devait transporter des troupes. C’est une mission de sauvetage urgente. 

Le commis se massa les tempes. 

– Je n’ai personne d’autre. On manque d’effectifs. C’est le troisième accident mortel cette semaine. 

Je fronçai les sourcils et posai un coude sur le comptoir. Ce n’était bon pour personne si les mercenaires et les transporteurs ne terminaient pas leurs contrats. Notre domaine était dangereux à la base, mais nous n’étions pas en guerre. Quoique c’était peut-être une question de temps, vu les incursions en provenance du Bras du Sagittaire. Le commis tourna son écran vers moi et me pointa la dernière colonne de son tableau. 

– Les cotes générales sont en baisse. Il y a de plus en plus de contrats abandonnés. J’ai un taux record d’équipages hors service ou manquants à l’appel. 

Je me frottai la mâchoire pour diffuser la tension dans ma vieille cicatrice. Mav allait sûrement me faire regretter ce que j’étais sur le point de faire. 

– Donne-moi les détails de la mission de sauvetage. 

Le commis haussa les sourcils. 

– Ce n’est pas ton genre de mission habituel. 

Je lui fis signe de poursuivre quand même. Il tapota son écran et mon transmetteur tinta pour indiquer que j’avais reçu un message. J’ouvris la fiche et parcourus l’information. Mav ne serait pas contente du tout. Je pressai le bouton pour accepter la mission. 

– Envoie-les à mon dock dans une heure. Je dois terminer mon ravitaillement. 

– Je vais t’en devoir une, Fergus. 

Bilan – 1 an comme corsaire littéraire

Il y a un an, je hissais le pavillon noir, je faisais fi des règles d’engagement traditionnelles et je partais à la conquête des mers! Ok, ok, j’arrête avec la métaphore maritime. J’ai le mal de mer, de toute façon. 

Ça fait déjà un an que la nouvelle “Sous pression” est parue. Cette courte nouvelle lançait la série Dominix Kemp et a été achetée en grand nombre par les amis et la famille. Je les remercie d’ailleurs de cet accueil enthousiaste. Ça m’a donné le courage de poursuivre. 

C’était le début d’une belle aventure et j’y ai consacré plus d’une soirée tardive et quelques matinées commencées avant le soleil (gracieuseté de mon petit dernier). C’était parfois épuisant de jongler le travail, la vie de famille et les multiples chapeaux de l’auteur indépendant. Heureusement, plus j’avance et plus mon processus se raffine. Certaines tâches se font plus rapidement ou j’ai appris à leur réserver le temps nécessaire. 

Je me suis lancée en partant du principe que ma première trilogie en serait une d’essais et d’apprentissages. Et j’ai effectivement beaucoup appris! Comme mon lectorat était modeste au départ, j’ai pu faire ces erreurs sans trop les étaler. Ouf! Personne n’a vu le moment où j’ai dû crier “Un homme à la mer!” (Ah non désolé, on avait dit qu’on arrêtait les métaphores douteuses…) 

J’ai appris qu’on ne lance pas un titre en même temps que des élections. On ne lance pas un titre en janvier, quand tout le monde éponge les factures du temps des fêtes. La sauvegarde automatique est la meilleure amie de l’auteur indépendant. La to-do liste aussi, mais elle est parfois interminable. On ne prépare pas une promotion juste après un lancement… et on n’hésite pas à reprogrammer quand ça nous sort par les oreilles. Un plan, c’est fait pour être flexible! 

J’ai eu la chance de faire de belles rencontres, des collègues écrivains et des auteurs indépendants qui partagent mes ambitions et mes défis. Des gens qui donnent au suivant et qui n’hésitent pas à partager leur expérience, leurs succès et leurs échecs. J’ai pris beaucoup de notes et je fais de mon mieux pour évaluer mon parcours avec un regard critique.  

J’ai aussi échangé avec des lecteurs passionnés, qui donnent leur opinion en toute honnêteté et qui sont prêts à passer quelques heures avec mes personnages. Leurs critiques sont assurément la plus belle récompense qu’y soit. Ne vous m’éprenez pas, le versement des royautés l’est aussi, mais une critique élogieuse chasse les doutes et les angoisses bien plus efficacement. 

Toutes ces expériences et ces connaissances ont été mises à profit et le lancement de ma nouvelle série de fantasy urbaine a pu en bénéficier. Cette série a dépassé mes attentes et je suis impatiente de voir ce que l’avenir me réserve. Quoique j’ai déjà une petite idée! Ceux qui me connaissent ne seront pas surpris d’apprendre que mon plan est fait. Mon futur, et celui des lecteurs qui m’accompagneront, sera rempli de créatures incroyables et de décors à couper le souffle. 

Et parce que je suis une nerd assumée, voici l’année en chiffre: 

  • 2 univers 
  • 4 romans 
  • 6 nouvelles 
  • 20 articles de blog 
  • 40 abonnés Instagram 
  • 115 abonnées à l’infolettre 
  • 130 abonnées Facebook 
  • 425 copies vendues 
  • 1 070 pages publiées au format papier 
  • 164 000 mots écrits, révisés, corrigés et édités 
  • 297 000 mots publiés