Un extrait de Similis

Le tome 2 de la série Dominix Kemp sort le 19 mai 2020. Similis est un mélange d’action et de suspense avec une bonne dose d’humanité. J’espère que vous aurez autant de plaisir à lire cette nouvelle aventure que j’en ai eu à l’écrire. Je vous laisse un extrait pour vous faire patienter d’ici là. Bonne lecture!


Nous étions sur une orbite parallèle à quelque distance du vaisseau en détresse. J’avais affiché les caméras extérieures et le cargo était en gros plan sur l’écran central. Toutes les lumières étaient éteintes et les moteurs ne semblaient pas fonctionner. Nos appels restaient sans réponse. 

– Teo? demandai-je.

– L’IA de l’ordinateur de bord est hors ligne. Ça va me prendre un accès direct pour entrer dans leur système et comprendre ce qui leur est arrivé.

J’entendis Nova soupirer. Nos chances de trouver des survivants étaient presque nulles. 

– Que disent les balayages? demanda ma sœur.

Teo nous envoya quelques images avant de répondre.

– Il y a des zones de chaleur, mais impossible de dire si ce sont des êtres vivants.

Ketsia fit le point sur la coque du vaisseau et déplaça la caméra méthodiquement. 

– Je ne crois pas qu’ils aient été attaqués, dit-elle. 

– Une défectuosité mécanique?

Je repensai à nos propres diagnostics qui n’étaient pas satisfaisants. J’avais devant moi un rappel de ce qui pourrait nous arriver si je ne m’occupais pas de mon vaisseau. Nova s’avança entre mon siège et celui de Ketsia.

– Ou une épidémie.

– Je vais monter à bord pour évaluer la cargaison, commençai-je.

– Je t’accompagne, dit Nova. Au cas où il y aurait des survivants.

J’acquiesçai.

– Tu pourras trouver un panneau d’accès et connecter Teo. Ket, équipe-toi au cas où on aurait besoin de renforts, mais tu restes aux commandes, prête à partir en vitesse.

Je manœuvrai pour aborder le cargo. Ce type de vaisseau avait un pont d’atterrissage sous-ventral, mais comme personne ne nous ouvrirait le hayon, c’était hors de question. Je choisis un des sas d’amarrage externe près du poste de pilotage. Nova serait loin de la salle des machines, mais j’étais confiant de trouver un panneau de contrôle intermédiaire à l’avant du vaisseau.

Je déployai notre sas pour terminer la manœuvre. Il devait rester des moteurs auxiliaires en état de marche sur le cargo, car leur ponton détecta le nôtre et compléta l’amarrage. Les verrous s’agrippèrent dans un tintement métallique qui se réverbéra sur la coque. Je pressurisai le sas et l’ordinateur confirma que la passerelle était hermétique.

Je me rendis dans la soute et sortis trois combinaisons intravéhiculaires. Elles étaient légères et souples. Nous serions en mesure de nous battre en cas d’attaque et l’étanchéité préviendrait toute contamination si Nova avait raison. Teo arriva alors que nous ajustions les appareils respiratoires. Il tendit deux modules à ma sœur.

– J’ai regardé les configurations possibles de cette génération de vaisseaux. Dès que tu auras trouvé le panneau de contrôle, tu vas savoir lequel utiliser. Les ports sont très différents.

Nova acquiesça et enfila une ceinture avec une pochette de transport. Je me tournai vers Ketsia et mis une main sur sa taille. Elle m’attrapa par la nuque et m’embrassa. Ma femme me faisait toujours l’effet d’un court-circuit et j’oubliai momentanément notre mission de sauvetage. Elle recula avec un sourire lorsque Nova se racla la gorge.

– Soyez prudents.

Je lui rendis son sourire.

– Ce n’est pas une promesse.

Elle roula des yeux et me tendit mon casque. Je l’enfilai et le joint couina en prenant sa place. Je fis un test radio, imité par Nova.

– Silence radio d’ici à ce que l’on confirme qu’il n’y a pas d’élément hostile à bord.

Teo agita sa tablette en guise de réponse. Ket salua Nova de la main et retourna vers le poste de pilotage. Je pris mon pistolet à impulsion et en tendis un autre à Nova. Elle cligna des yeux, mais prit l’arme sans commentaire. Je me dirigeai vers la coursive qui longeait la coque du vaisseau. Le bruit des bottes de Nova me suivit jusqu’au sas. Teo se glissa devant moi et déverrouilla le panneau. Il se tourna vers nous.

Fortes fortuna juvat.

Teo m’avait déjà servi celle-là et je me doutais quelque peu du sens.

– La chance, c’est pour les débutants.

Teo secoua la tête d’un air exaspéré. Je passai devant lui, suivi de Nova. Je me retournai pour le voir refermer l’écoutille derrière nous. Rassuré, je traversai l’appontement et me rendis au sas du cargo. Je fis une tentative sur le panneau de contrôle. La plupart des messages de détresse automatiques avaient des protocoles permettant aux secours d’aborder facilement le vaisseau. À ma première tentative, les voyants passèrent au vert et le verrou coulissa. Je poussai le panneau lentement. Il n’y eut aucun changement de pression. L’atmosphère du vaisseau était encore stable.

J’avançai d’un pas, pistolet pointé. La coursive était plongée dans la noirceur à l’exception de quelques lumières de sécurité. La teinte du verre de mon casque s’ajusta pour compenser. Nous étions sur une passerelle d’accès pour la maintenance des conduits. Je fis signe à Nova de surveiller les alentours. Elle acquiesça alors que je mettais le pied sur l’échelle qui menait à la plateforme du corridor.

Une fois descendu, je balayai les environs tandis que Nova me rejoignait. Ce genre d’exploration était ce que je détestais le plus. Mon père était un cinéphile et il nous avait fait visionner des films en tout genre. Mais ce qu’il préférait était les thrillers. Les endroits isolés et obscurs avaient tendance à me rappeler les soirées passées à me torturer l’esprit sur des intrigues angoissantes. La seule raison qui me poussait à ignorer la petite voix dans ma tête qui criait à l’embuscade était le potentiel lucratif.

Je regardai l’écran flexible à mon bras sur lequel Teo m’avait envoyé le plan du vaisseau. Je pivotai et me situai par rapport au poste de pilotage. Je tournai dans la coursive à droite et testai les portes que je rencontrais. Elles étaient toutes verrouillées. C’était à la fois rassurant et frustrant. Je croisai quelques embranchements de corridors, tous déserts. 

Arrivé au poste de pilotage, je repérai le panneau universel et l’indiquai à Nova. Elle acquiesça et activa sa caméra pour Teo. Je fis le tour de l’endroit avant de m’asseoir dans le siège du pilote. Trop ferme. Mon HS-101 avait beau être petit, il était bien mieux équipé. Je tentai d’allumer l’ordinateur central, sans succès. Même avec une réinitialisation manuelle, la console ne réagissait pas. L’hypothèse du bris mécanique semblait de plus en plus probable.

Je revins vers Nova. Elle était parvenue à se connecter avec une espèce de couette de fils terminé par une prise plate. Son écran flexible affichait un flot de données interminable. Elle haussa les épaules et me fit le signal pour continuer. J’acquiesçai. Je zoomai le plan sur mon écran et lui montrai notre prochaine destination. Elle me fit signe et je pris les devants.

Je me dirigeai vers les échelles d’accès de maintenance. La cale se trouvait plusieurs ponts plus bas. Ma tablette vibra et un message de Teo s’afficha. Le journal de bord mentionnait une dizaine de membres d’équipage. Le manifeste était plutôt standard avec des vivres, de l’équipement d’exploration et quelques capsules habitables de colonisation. Pratique, mais pas très excitant. Ce serait trop difficile à revendre. Je descendis le dernier échelon et ouvris le panneau de l’écoutille.

La cale était entièrement occupée par d’énormes caisses. Je pouvais voir leurs silhouettes se découper dans la noirceur grâce à quelques lumières d’urgence encore fonctionnelles. Impossible de charger les caisses telles quelles dans le HS-101 vu leur taille. Je fis le tour du premier conteneur. Un verrou électronique se trouvait à mi-hauteur sur le montant. Un tour d’horizon m’apprit qu’ils étaient tous pareils.

Nova me fit signe et pointa une caisse verte avec une croix blanche. Du matériel médical. Je lui signalai que nous allions terminer l’exploration. Nous n’étions pas équipés pour forcer les serrures. Je pris quelques photos et les envoyai à Teo pour qu’il me donne son opinion.

Sur le chemin du retour, je me dirigeai vers les quartiers de vie. Je me rivai le nez aux portes de confinement. Une fois mises en place, rien sauf l’ordinateur de bord ne pourrait les ouvrir. J’approchai mon visage du hublot, mais la noirceur était complète. Je baissai les yeux vers mon écran. Teo n’avait toujours pas répondu pour les serrures. Je doutais qu’elles lui posent problème. Il aurait dû me donner son diagnostic déjà. J’activai ma radio.

– Teo?

Aucune réponse. J’échangeai un regard avec Nova. Mon navigateur était reconnu pour ses réponses nonchalantes, mais il répondait toujours. J’activai la charge de mon pistolet à impulsion et lui fis signe de me suivre. Je remontai le corridor jusqu’à la passerelle par laquelle nous étions entrés. Plus tôt, j’avais été rassuré par le silence, preuve que nous étions seuls. Mais en l’absence de réponse du vaisseau, je réprimai un frisson d’inconfort.

Le sas était plongé dans l’obscurité. Je passai le seuil et vérifiai l’état de l’appontement. Les joints étaient encore étanches et les amarres étaient en place. Je fis signe à Nova de passer et refermai la porte derrière elle. Elle avança jusqu’au sas, son pistolet pointé vers le sol. Je la rejoignis au panneau du HS-101. Elle se plaqua contre le plastek pour me laisser ouvrir le panneau.

Le sas s’ouvrit dans un chuintement. Je balayai la coursive avec mon pistolet. L’endroit était comme nous l’avions laissé à notre départ. Je me dirigeai vers le poste de pilotage. De ma position, je pouvais voir les jambes de Ketsia au sol. Ma poitrine se comprima et après une hésitation, mon cœur repartit à toute vitesse. Je pris une profonde inspiration pour garder mes mains stables. Ce n’était pas le moment de paniquer.

Je m’approchai avec précaution et sécurisai la pièce. Rien n’avait bougé et les outils de navigation n’affichaient rien d’anormal. Nova bondit en action dès que je lui fis signe. Elle s’agenouilla auprès de Ket. Je la laissai travailler et me dirigeais vers la coursive qui menait à la salle des machines. Je m’arrêtai dans l’embrasure. Mon instinct me criait de m’occuper de ma femme, mais Nova serait plus à même de l’aider. Mon navigateur avait peut-être besoin de moi.

– Vivante, dit Nova. Son pouls est lent, mais stable. Je ne vois pas de contusions ou de blessures.

Je lui fis signe que je continuais. Elle acquiesça et reprit son pistolet en main. Je m’engageai dans la coursive et vérifiai chacune des pièces. Ce n’était pas un gros vaisseau, mais le trajet me prit plusieurs minutes. La dernière porte était celle de la salle des machines. L’endroit était vide excepté pour mon navigateur, affalé le visage sur sa console au centre de la pièce. Il avait une vilaine entaille sur l’arrière de la tête. Le sang avait déjà commencé à coaguler. Je relâchai mon souffle lorsqu’il grogna. Je lui mis une main sur l’épaule.

– Ça va?

Il cligna des yeux et releva la tête. Avec une grimace, il porta la main à sa blessure.

– Non.

Il activa sa console et scanna le vaisseau. 

– Ils sont tous partis. Avec leur cargo.

– Qui « ils »?

– Des saloperies de Hubots. Toute une escouade. Ils ont gazé Ket. Je crois qu’ils s’attendaient pas à me trouver ici.

Un horrible pressentiment m’assaillit. Je partis au pas de course vers la soute. Les bottes de Teo firent résonner le grillage derrière moi.

– Je suis désolé, Dom.

J’arrivai devant l’espace où auraient dû se trouver trois longues caisses. Je pivotai sur moi-même, au cas où la cargaison ait été déplacée. D’un côté, l’armoire avec les armes était toujours cadenassée. Celles avec l’équipement général étaient fermées et ne semblaient pas avoir été touchées. Les caisses avec nos réserves de nourriture étaient arrimées à la paroi d’en face. La table de travail était vide et les outils étaient tous dans leurs tiroirs respectifs.

Mon regard revint vers le plancher. Je me pinçai le nez. Nous nous étions fait avoir comme des débutants. Je serrai les poings et me tournai vers Teo. Il recula jusqu’à la paroi, avec des yeux ronds. Je fis de mon mieux pour parler calmement.

– Nous allons retrouver la cargaison et terminer cette livraison.

– Oui, Dom.


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Inspiration et influence

En ces temps de confinement, nous sommes nombreux à avoir trop de temps libre. Après avoir fait le tour de Netflix, Amazon Prime et Disney + et d’être encore désœuvrée, je discutais de mes films préférés avec l’homme extraordinaire qui partage ma vie (et je ne dis pas ça juste parce qu’il lit mes textes…). J’en suis arrivée à la conclusion que la plupart d’entre eux ont un point commun. 

Voyons voir si vous êtes de bons détectives. Allons-y en ordre chronologique (au risque de prouver mon grand âge!) 

  1. Robin des bois 

Alors en véritable fan, je me dois de vous dire que la seule bonne version est celle avec Kevin Costner en 1991. La vérité, c’est que ma version préférée est celle produite quelques années plus tard… Vous l’aurez deviné : Robin des Bois : Héros en collants (ou Sacré Robin des Bois pour nos amis français) avec Cary Elwes. Vous allez me dire que c’est une satire, mais c’est un de mes coups de cœur d’enfance. Peut-être parce que je l’ai vu avant d’avoir vu l’original. 

J’ai aussi bien aimé la version de 2010 avec Russel Crowe, quoiqu’avec moins d’ardeur. Je sais que les critiques étaient mitigées, mais j’étais prête à fermer les yeux sur quelques petits écarts pour le simple plaisir de revisiter ce classique. 

  1. Ocean’s 11 

Les puristes, calmez-vous. Je ne suis pas si vieille. Je parle de la version de 2001 et non celle de 1960. Au Québec, le film est aussi connu sous L’inconnu de Las Vegas, et il a donné naissance à une trilogie. J’ai adoré. Déjà, à cause du casting : George Clooney, Brad Pitt, Matt Damon, et Julia Roberts, pour ne nommer que ceux-là. Ensuite, parce que j’aurais bien voulu faire partie d’une telle équipe. Adolescente, l’idée d’être plus maline et de déjouer les vilains était absolument fascinante. 

  1. The Italian Job 

En français, le film Braquage à l’italienne ou Un boulot à l’italienne au Québec est sorti en 2003. Encore là, d’excellents acteurs avec notamment Mark Wahlberg, Charlize Theron et Jason Statham. Après avoir écouté ce film, je voulais devenir experte en coffre-fort et conduire une Mini Cooper. Charlize Theron était ma nouvelle idole (chut, ne le dite pas au capitaine Kathryn Janeway…). L’histoire n’était pas sans rappeler celle du comte de Monte Cristo, que j’avais aussi beaucoup aimée (autant celle de 1998 que celle de 2002). Il n’y a pas grand-chose de plus satisfaisant qu’une vengeance justifiée et bien exécutée. Dans le doute, posez la question aux Kemp. 😉 

  1. Inception 

Intitulé Origines au Québec, ce film a pris l’affiche en 2010, avec Leonardo DiCaprio comme acteur principal. Leo est un de mes coups de cœur de jeunesse et j’ai tendance à aimer la plupart de ses films. Mais Inception est dans une classe à part avec un univers captivant, une intrigue tordue et une fin troublante. On ne peut pas rester indifférent devant les difficultés de Cobb qui vit avec la culpabilité de la mort de sa femme et dont le seul désir est de rejoindre ses enfants. Son talent pour la stratégie et la manipulation sont évidents dans l’élaboration et la mise en application de son plan ambitieux. 

Si vous avez bien suivi, vous avez remarqué que ce sont tous des films de cambriolage (ou film de casse). Vous ne serez probablement pas surpris non plus d’apprendre que ces films ont tous eu une grande influence sur mon écriture. De façon plutôt inconsciente, heureusement. Ce n’est que bien après l’écriture de Gemellus que j’ai réalisé que c’était un thriller. Similis quant à lui, tiendra plus du casse que de la vengeance. La couverture sera dévoilée à la fin du mois d’avril. Surveillez ma page Facebook pour ne rien manquer! 

Aimez-vous les films de cambriolage? Laissez un commentaire et dites-nous lequel vous préférez!

Un extrait de Diversion

Voici votre chance de faire plus ample connaissance avec Ketsia! 

Ketsia est née d’une mère leollen et d’un père humanoïde. Les Leollens quittent rarement le Bras de Persée pour s’aventurer dans le Bras d’Orion. Ce qui fait que sa mère était sans famille ni compatriotes. Les choses laissent penser que la mère de Ket aurait échoué les fameux tests génétiques du Conseil des généticiens leollens. Comme les individus tarés ont tendance à disparaître sans laisser de traces, c’est probablement ce qui a poussé sa mère a l’exile. 

Ketsia est une fonceuse. Elle a survécu à l’adversité sur sa planète natale, qui était en fait une terre d’exile pour ses deux parents. La planète était exploitée par une compagnie minière, jusqu’à ce que le rendement soit décevant et que toutes les infrastructures soient abandonnées. Les hommes d’affaires et les pirates s’étaient entre déchirés pour les restes. Et Ketsia s’était retrouvée orpheline sur une planète sans gouvernement. Ceux qui survivaient étaient soit les plus forts, soit les plus malins. 

Une fois partie de cette planète sans avenir, Ket a rencontré un homme avec qui elle a fait du transport. Malheureusement, les choses se sont mal passées et il est mort. Et elle a hérité de son entreprise. C’est par après que Ket et Dom se sont rencontrés. 

Dans Gemellus, il est question d’un malentendu qui perdure entre les deux. Dans Diversion, on voit Ketsia alors qu’elle tente pour une dernière fois de prendre contact avec Dom. Mais bien sûr, rien n’est jamais si simple. 

Je vous laisse un extrait! 

« Je fis tourner le tabouret sur lequel j’étais assise une fois de plus. Nova étira sa jambe pour me bloquer, sans lâcher son microscope des yeux. 

– Ket, reste tranquille un instant. Dès que j’ai fini, je m’occupe de toi. 

– On croirait entendre ma mère. 

Nova secoua la tête. Elle savait aussi bien que moi que ma mère avait disparu de ma vie depuis un bon moment et que ça n’avait rien de flatteur. Elle s’éloigna enfin du microscope. Je sautai sur mes pieds et approchai mon œil de l’oculaire. Il y avait tout un tas de petites choses grouillantes sur la plaquette.  

Soudain, tout devint noir sous la lentille. Je fronçai les sourcils et relevai la tête. Nova agita une main pour m’éloigner. J’ignorais sur quoi elle travaillait, mais comme elle était neurochirurgienne pour une entreprise spécialisée en procédures médicales de pointe, ce devait être confidentiel. 

Elle enleva son sarrau et me fit signe de la suivre dans son bureau. Elle prit place et tapa à l’ordinateur quelques minutes. J’en profitai pour faire le tour de la pièce. Il y avait beaucoup de photos d’elle et de Loïc, son frère jumeau. Ils avaient tous les deux les cheveux bruns et les yeux gris acier. Loïc la dépassait de quelques centimètres. Sur chaque photo, Nova affichait un sourire éclatant, alors que Loïc avait une imperceptible crispation des lèves en guise d’expression. Il souriait rarement.  

Sur une autre photo, on pouvait les voir avec leur frère aîné, Dominix, la raison de ma venue, et leur père Allan. Dom dépassait Loïc en carrure et en poids. C’était en partie dû à leurs prédispositions naturelles, mais aussi à leur préférence de style de combat. Loïc était plus arts martiaux et Dom avait une nette préférence pour la lutte. Ça lui donnait une largeur d’épaules appréciable avec une masse musculaire parfaitement répartie. C’était fort appréciable pour un autre genre de lutte, celle qui se passe sous les draps. 

– Pourquoi parlerais-je à Dom pour toi? demanda finalement Nova. 

– Parce que je t’ai aidé à brûler toutes les photos de ta mère quand elle vous a abandonnés? 

Malgré ma détermination, c’était sorti comme une question. Je me tournai vers elle. Dom avait dû peindre notre séparation comme une affaire sordide. Si seulement il voulait bien écouter mes explications, il saurait que c’était un énorme malentendu. En Terrien typique, Dom avait décidé que j’étais coupable jusqu’à preuve du contraire. Et comme il ne voulait pas prendre mes appels et qu’il m’évitait comme la peste, j’avais été incapable de plaider ma cause. Je lui avais laissé quelques mois pour s’en remettre, mais j’étais décidée à avoir une discussion avec lui, tôt ou tard. 

– Techniquement, ça faisait déjà cinq ans que ma mère nous avait abandonnés quand on a brûlé les photos, répondit Nova. 

Avant que je trouve un autre argument, quelqu’un donna trois petits coups sur la porte. Je mis la main sur la poignée et Nova acquiesça. J’ouvris sur un homme aux épaules étroites et aux lunettes noires. Il haussa les sourcils et resta là à me fixer. Je lui rendis la pareille. Il était plutôt mignon dans le genre souris de bibliothèque. Il avait une veste grise avec le logo d’une compagnie brodée sur la poitrine.  

Nova nous rejoignit et lui sourit. 

– Bonjour René. Je vous présente une amie de longue date, Ketsia. Ket, voici René, notre thanatopracteur officiel. 

Je lui jetai un regard confus. Le français de la Terre n’était pas ma langue maternelle. 

– Embaumeur, si vous voulez, dit René. 

– Ah, je vois. Je croyais que tu travaillais sur des gens dans le coma. 

Nova haussa les épaules. C’est René qui répondit. 

– Le sommeil et la mort sont des frères jumeaux, comme l’a souligné Homère. 

Je pensai à Loïc, le jumeau de Nova, avec une cape noire et une faux. L’idée était à la fois saugrenue et très juste. Loïc prenait souvent des contrats de tueur à gages depuis que Nova avait arrêté de faire des arnaques avec nous. 

– Très à propos, répondis-je. Attends que je dise ça à Loïc. 

Le regard de Nova s’assombrit. Visiblement, ils ne s’étaient pas réconciliés depuis qu’elle avait changé de carrière. Les mésententes étaient épidémiques chez les Kemp. Le regard de René alterna entre nous, visiblement intrigué par la réaction de Nova. Je m’éclaircis la gorge. 

– Je vous laisse à vos clients respectifs, dis-je. Penses-y Nova, et donne-moi des nouvelles, même si c’est non. 

Elle acquiesça. Je saluai René et me dirigeai vers le bout du corridor. Je descendis les dix étages par les escaliers, une habitude prise de Dom. Ma gorge se serra. Qui aurait pu prédire que je m’ennuierais même de ses tocs? Je repassai par la sécurité pour y laisser mon badge de visiteur. Je pris mon temps pour faire le tour du bâtiment jusqu’au stationnement.  

À quelques rangées de ma voiture de location, je remarquai que quelqu’un y était appuyé. Je ralentis et coupai à travers les rangées pour avoir un meilleur angle de vue. Je reconnus la silhouette massive et la tête d’enterrement. 

– Qu’est-ce que tu fais là, Jack? 

Le plus récent ajout à mon équipage était bâti comme un lutteur professionnel et était un mordu d’ordinateur. On se serait attendu à moins de cervelle vu la quantité de muscles. Un ami me l’avait référé et je l’avais embauché comme navigateur. J’étais plutôt habituée au type intello coincé à ce poste, un peu comme René le thana-chose, ou Teo, le navigateur de Dom. Ce cher Teo me manquait aussi. Bref, mon esprit n’arrivait toujours pas à réconcilier l’apparence de Jack à ses fonctions. 

– Détroit a été promue au dixième rang sur Terre parmi les endroits les plus dangereux.  

– Et? Ça te donne le droit de me filer? 

Il haussa les épaules et croisa les bras. Ce type était pire qu’une huître. Il pouvait y avoir deux explications à son comportement. Soit il avait le béguin pour moi, soit c’était un tueur psychopathe. Comme il savait que j’étais venue ici dans l’espoir de parler à mon ex, la théorie du béguin prenait l’eau. 

Je débarrai les portes de la voiture avec la télécommande.  

– Embarque. 

Je pris place derrière le volant et restai assise à fixer le pare-brise. J’avais vraiment misé sur le fait que Nova me donnerait le moyen de contacter Dom, ou encore sa position actuelle. Qu’est-ce qu’ils disaient déjà sur Terre, à propos du père Noël? Peu importait, inutile d’attendre un miracle. Je devais passer à autre chose. 

Un fourgon passa devant moi. Je reconnus l’embaumeur au volant. Je démarrai la voiture et sortis du stationnement à sa suite. La circulation n’était pas très dense. Nous étions dans un secteur industriel et ce n’était pas encore l’heure de la pause. Le fourgon prit la direction de la bretelle d’autoroute et je continuai de le suivre, comme c’était la route à prendre pour aller au spatioport.  

L’endroit était un ancien quartier résidentiel de Détroit. Les investisseurs hors planète avaient racheté les terrains à petit prix et ils avaient presque tout rasé pour bâtir des tours à bureaux et des locaux commerciaux. Il restait des îlots de verdure et quelques terrains qui n’avaient pas encore été développés. L’accès à l’autoroute était un peu compliqué, avec des bouts de rues qui ne menaient nulle part et des panneaux de signalisation désuets. 

Alors que je venais de passer un de ces carrés de verdure, la porte du fourgon devant moi s’ouvrit. J’eus tout juste le temps de freiner alors qu’un corps atterrissait sur mon capot. J’immobilisai la voiture complètement. Le corps roula au sol, hors de ma vue. J’échangeai un regard avec Jack. Il ne semblait pas plus enchanté que moi par ce nouveau développement. Je reportai mon attention vers l’avant. René continuait de rouler, sans savoir qu’il avait perdu une partie de sa cargaison. 

Je sursautai et agrippai le volant lorsque le cadavre se releva devant la voiture. La femme avait plusieurs écorchures et une vilaine entaille au visage. Ses cheveux blonds étaient emmêlés et cachaient une partie de ses traits. Elle regarda d’un côté, puis de l’autre avant de partir à la course vers la forêt. Complètement nue. »

Un extrait de Rédemption

Voir la fiche complète de Rédemption.

Extrait

« Je ne suis pas un sauveur. Encore moins un héros. Le gars assis devant moi avait l’air de penser le contraire. Je repoussai mon assiette. Il restait encore au moins la moitié du steak. Je n’avais plus faim. Pourquoi est-ce qu’on me proposait toujours des plans foireux? Ça devrait pourtant être simple. On me désigne quelqu’un et je le tue. Ces temps-ci, il y avait une épidémie d’altruisme. Il fallait récupérer des informations sans aucune perte, ou encore mon préféré : « extraire sans endommager ». Ceux qui demandent ça n’ont probablement jamais infiltré une base militaire pour récupérer l’inventaire des armes. Moi, je l’ai fait et le résultat n’était pas joli. 

Mon interlocuteur se racla la gorge. Je le dévisageai, question de le mettre mal à l’aise. Il avait tout au plus vingt-cinq ans. Il était rasé de près et il sentait l’eau de Cologne achetée en pharmacie. Son veston bleu était propre et sans pli, mais les coutures étaient mal faites. C’était un intermédiaire. Je déteste les intermédiaires. On ne peut jamais marchander avec eux. Ils doivent toujours passer un coup de fil avant de prendre une décision. 

Je pris une gorgée de ma bière, puis une deuxième. Elle était encore fraîche. Au moins, je n’avais pas tout perdu. L’intermédiaire s’agita. 

– Si vous ne le faites pas pour les victimes, faites-le pour votre âme, M. Kemp. 

Je haussai un sourcil. 

– Mon âme? 

– Oui. Vous êtes catholique. Vous devez bien y apporter une certaine importance. 

Je serrai les dents. Ces bureaucrates croyaient me connaître parce qu’ils avaient lu mon dossier.  

– Laissez-moi deviner, le commanditaire est Addenda. 

Les Addendas, originaires du cadran ouest du Bras d’Orion, étaient particulièrement croyants. Ils avaient un panthéon ridiculement vaste. Ils étaient bien les seuls qui oseraient m’accoster en faisant valoir des raisons morales ou religieuses pour justifier une mission pareille. 

– La personne dont je représente les intérêts souhaite… 

– Je m’en fous. 

L’intermédiaire avait l’air d’avoir avalé un citron. Il sortit une feuille de sa poche intérieure. Il y jeta un coup d’œil et l’agita devant lui. 

– Parfait. Alors je vais contacter le prochain sur ma liste. Dominix Kemp. Votre frère, si je ne m’abuse? 

J’inspirai lentement et comptai jusqu’à neuf. J’aurais pu compter jusqu’à dix, mais je n’aime pas les chiffres ronds. 

– Où est-ce qu’ils vous ont recruté? Le collège? Votre mère a sûrement protesté. 

Le rouge lui monta aux joues instantanément et il se mit à bégayer. J’eus pitié de lui. 

– Vous ne contacterez pas mon frère. 

Dom était assez téméraire pour accepter la mission. Mais il n’avait pas ce que ça prenait pour la mener à bien. 

– Je veux deux millions de dollars fédérés. La moitié maintenant, l’autre à la livraison. 

L’intermédiaire cligna des yeux plusieurs fois avant de se remettre de sa surprise. 

– Je vais voir ce que je peux… 

– Je veux un pilote aussi.  »

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Pourquoi des histoires courtes?

Ma première publication a été une courte nouvelle, Sous pression qui met en vedette un des personnages secondaires de Gemellus, Nova la sœur du personnage principal. La semaine passée, j’ai annoncé la sortie de Rédemption, une autre histoire courte dans le même univers. Cette fois-ci, ce sera le frère jumeau de Nova qui sera mis de l’avant. 

Je vous rassure, il y bel et bien trois tomes, pleine longueur, prévus dans la série Dominix Kemp. Alors pourquoi écrire des histoires courtes en plus? 

Au départ, c’était un exercice pour mieux maîtriser mes personnages. Au moment où j’ai débuté l’écriture de Gemellus, je connaissais la base nécessaire pour écrire des histoires, mais je ne maîtrisais pas tous les aspects. Maintenant j’en sais plus, mais je sais aussi que je ne sais pas tout… Bref, j’avais des lacunes, mais je ne savais pas lesquelles. 

Au fil de me séances d’écriture, je rencontrais souvent de la difficulté à rendre justice à mes personnages, surtout les personnages secondaires. Ça me bloquait et le texte stagnait pendant de longues semaines. J’étais désespérée de trouver une solution.  

J’ai fini par me dire que, pour mieux apprendre à connaître mes personnages, je devais avoir un tête-à-tête avec eux. J’ai donc utilisé des petites anecdotes auxquelles les personnages faisaient référence dans le récit principal. Je me suis creusé la tête pour développer ce qui était réellement arrivé et faire de ces anecdotes des aventures à part entière. 

J’ai ainsi écrit une histoire pour Nova, une autre pour Loïc et une dernière pour Ketsia. 

L’histoire de Loïc le met en scène lors d’une mission solo. Dans Gemellus, Dom fait allusion à un tyran qui sévit dans le Bras d’Orion. C’est d’ailleurs à une de ses victimes qu’il vient en aide au tout début de l’histoire. Dom parle d’une “enquête extrêmement dure à mener. Quelques personnes avaient été décorées, mais leurs identités n’avaient pu être dévoilées pour des raisons de sécurité.” Il est loin de se douter que son frère à quelque chose à y voir… 

Rédemption sera disponible le 21 janvier prochain.

Ce que j’aurais voulu savoir avant d’adopter un chien

En tant qu’écrivaine, ce que je trouve le plus difficile est de concilier est la vie familiale et le temps pour écrire. Jouer avec les enfants, discuter avec son conjoint de sa journée, effectuer quelques tâches ménagères… Une fois tout le monde satisfait, je peux finalement m’asseoir devant l’ordinateur pour écrire un peu (à condition que chéri n’ait pas décider de conquérir le monde en jouant à Civilisation!). 

Au printemps passé, nous avons décidé d’ajouter un chien à notre famille. Nous avions déjà convenu que la production de minis était terminée avec nos deux merveilleux enfants. Je rêvais d’un chien depuis l’enfance et le moment semblait idéal. 

On m’avait bien avertie qu’un chien était comme un enfant supplémentaire. Je croyais avoir compris ce que ça impliquait. Mais je n’avais pas réalisé que j’allais aussi ajouter un autre obstacle à mon écriture! Le sentiment d’être observée avec persistance par une créature poilue qui demande la porte. Un gros nez mouillé qui se glisse sous mon coude alors que je suis en pleine séance d’écriture. Les cris des enfants dans le salon parce que le chien vient d’assassiner (un autre) toutou qui trainait au sol.  

Que vous soyez écrivain ou non, voici les quatre choses que je vous recommande de prendre en considération avant d’ajouter un membre poilu à votre famille. 

Un chiot est comme un enfant de 2 ans 

Vous allez donner les mêmes consignes à votre chiot qu’à votre Terrible Two. “Ne mets pas ça dans ta bouche”, “Ne mords pas ta sœur”, “Ne fais pas pipi à terre” (quoi, ne me dites pas que vos enfants ne vous ont jamais fait le coup d’enlever leurs couches et de courir partout!) Vous ne pourrez pas laisser le chiot sans surveillance trop longtemps, au risque d’y perdre une paire de chaussures ou de ramasser des dégâts. Encore moins si votre enfant de 2 ans est en compagnie du chiot… C’est la catastrophe assurée. 

Vos voisins pourront admirer votre collection de pyjamas 

Un jeune chiot fait pipi environ aux 30 minutes. Et la propreté arrive généralement autour de 6 mois. Ce que ça veut dire réellement? Vous allez vous retrouver dehors à toutes les heures du jour et de la nuit avec votre chiot en le suppliant de se dépêcher de faire ses besoins. Ce fameux pantalon qui a un trou dans la fourche, ou ce t-shirt semi-transparent? Oubliez-les! À moins que vous souhaitiez donner une raison de jaser à vos voisins. 

Vous allez faire du lavage à tous les jours 

Que ce soit un toutou mâchouillé, une serviette utilisée pour essuyer le chien ou un tapis qui a épongé un pipi accidentel, c’est sûr que la fréquence des brassées de lavage va augmenter. Votre chiot va nécessairement foncer sur votre enfant de 3 ans qui transporte méticuleusement son verre de jus rempli à ras bord (gracieuseté de sa sœur de 6 ans) ou alors votre chiot aura joué à la marmotte dans le jardin et vous devrez lui donner un bain. C’est alors plusieurs serviettes et le tapis de la salle de bain qui y passent (cette odeur de chien mouillé est plutôt persistante!). 

Aller aux toilettes prend une nouvelle tournure 

Si vous êtes parent de jeunes enfants, vous êtes habitué d’avoir de la compagnie pour aller à la salle de bain. Dorénavant, tandis que les deux premiers vous regardent et vous parlent, le petit dernier va vous licher les genoux. C’est une étrange sensation au début, mais on finit par s’y habituer. Comme tout le reste! 

C’est quand même une belle addition à la famille. Le chiot est un compagnon de jeu inépuisable pour les enfants. Malheureusement, une fois les enfants couchés, le contrat de jouer avec le chien vous reviendra… Voyez les choses du bon côté : la zoothérapie est une méthode éprouvée pour diminuer l’anxiété. En jouant avec votre nouveau compagnon, vous oublierez le lavage qui vous attend (et les regards scandalisés des voisins). 

La bonne nouvelle, c’est que votre chien va vieillir plus vite que vos enfants. En quelques mois, il aura trouvé sa place et se sera adapté à votre rythme de vie. Les câlins dans le divan le soir alors que vous lisez un bon livre. Une marche revigorante avec votre compagnon pour vous changer les idées. Ce seront de beaux moments qui vous feront dire que tout ça en valait la peine. 

Et vous m’excuserez pour la conclusion abrupte de cet article. Le chien vient de manger la collation du plus jeune… 

C’était il y a 10 ans…

En novembre 2010, j’écrivais les premiers mots de ce qui allait devenir Gemellus.  

À ce moment, je terminais mon retour aux études et je covoiturais avec mon conjoint. Presque tous les soirs, j’avais de trente minutes à une heure à attendre après la fin des cours. Au début, j’allais acheter des livres à la librairie (je ne vais pas à la bibliothèque, parce que je ne rapporte jamais mes livres et je finis toujours par payer le prix du livre en frais de retard…). Sauf que mon budget d’étudiante m’a très vite arrêté. C’est d’ailleurs à ce moment que j’ai découvert Patricia Briggs, qui reste un de mes coups de cœur. 

J’avais une idée qui me trottait en tête depuis un bon moment et je me suis mise à l’écrire. Au début, c’était dans des carnets. Puis ça a été à l’ordinateur. En l’espace de neuf mois, j’avais écrit une histoire de 260 pages. Que je me suis dépêchée d’envoyer à des maisons d’éditions. Comme je savais que la réponse tarderait à venir (c’est en général de six mois à un an), j’ai commencé à travailler sur un autre projet, Gemellus.

Malheureusement, j’ai eu la prétention de croire que, puisque je l’avais fait une fois, la deuxième tentative serait plus facile. Aussi, j’ai passé moins de temps à planifier mon histoire avant de me lancer dans l’écriture. Le processus a été beaucoup plus ardu. J’écrivais très lentement, car je revenais sans cesse en arrière pour corriger la logique du récit. J’avais souvent des pannes d’inspiration ou des impasses dans les interactions entre les personnages. 

Avec l’arrivée de ma fille, j’ai complètement arrêté d’écrire. Le manuscrit est resté à moitié complété pendant cinq ans. Je manquais de temps, je procrastinais… Puis un jour, j’ai pris le taureau par les cornes et je l’ai terminé. J’avais le désir d’être lue, si ce n’est que par mon conjoint. En 2016, je l’ai soumis à plusieurs maisons d’éditions. Les réponses ont toutes été négatives. Entre temps, j’ai entrepris un troisième projet, dans un genre et un univers différent, la série Windigo

En 2018, j’ai lu quelques ouvrages de référence et j’ai étudié Gemellus à la lumière de mes nouvelles connaissances. J’ai mis le doigt sur plusieurs points faibles et je les ai corrigés. J’ai soumis le manuscrit aux maisons d’éditions une deuxième fois.

Quelques mois plus tard, devant une nouvelle vague de refus, j’ai réalisé que mon style d’écriture avait énormément évolué entre les premiers et les derniers chapitres. J’ai hésité entre ranger Gemellus dans le fond d’un tiroir et ne plus jamais y penser, ou me relever les manches et faire justice à l’histoire. Vous devinez quelle option j’ai choisie. Cette histoire m’habitait depuis tellement longtemps, je ne pouvais pas imaginer qu’elle reste dans l’obscurité. 

Quand j’ai pris la décision de me lancer dans l’auto-édition, j’ai fait une réécriture massive de Gemellus pour mettre le récit au niveau du début à la fin. J’ai aussi ajusté certains éléments pour ouvrir la porte aux tomes suivants.  

Ça aura pris dix ans, mais je suis très contente du résultat final. J’ai vraiment hâte de vous le faire lire. 

Gemellus sera disponible le 3 décembre 2019. Abonnez-vous à l’infolettre pour lire les trois premiers chapitres gratuitement : 

Cinq choses à savoir sur Dominix Kemp

Qui est Dominix Kemp? C’est le personnage principal de ma première trilogie de science-fiction space opera. Il a un frère et une sœur plus jeunes, Loïc et Nova. C’est un pilote téméraire et aussi le capitaine de son propre vaisseau. Il vit grâce à son travail de transporteur de marchandise. Voici cinq choses à savoir sur lui. 

  1. Dom n’accepte jamais un contrat louche. Sauf si la paie est bonne. Ou si la cause est juste. Ou si… enfin, il essaie d’avoir des principes. 
  2. Dom fait de son mieux pour accomplir ses missions avec des pertes minimum. Que ce soit le carburant, la marchandise ou les vies humaines. Il ne réussit pas toujours, mais c’est l’effort qui compte, non? 
  3. Dom a une politique contre le harcèlement. Sauf si ça concerne son frère. Et que sa sœur n’est pas là pour le modérer. Alors les paris sont ouverts à savoir quand Loïc va perdre patience. 
  4. Dom ne dit jamais non à une jolie fille. Sauf si c’est son ex. Celle-là lui a brisé le cœur. S’il la revoit en enfer, ce sera encore trop tôt. 
  5. Dom traverserait les feux du dit enfer si c’était pour aider son frère ou sa sœur. À condition d’avoir une combinaison ignifuge. Et des renforts. Une bouteille de whisky ne serait pas de refus non plus. 

Faites sa rencontre le 3 décembre! 

Mes robots préférés

Que serait la science-fiction sans robot? Il y en a à toutes les sauces. Du méchant Terminator au robot-soignant Baymax. De la boîte de conserve à l’imitation presque parfaite de l’être humain. Ils leur arrivent d’être le vilain, le meilleur ami ou encore même le héros. Les possibilités sont infinies. 

Voici mes trois robots préférés et pourquoi. 

  1. R2-D2 

Comment ne pas aimer ce petit robot débrouillard et hilarant? Malgré sa maladresse, il sauve la mise à tout le monde et à plusieurs reprises. Mon seul regret est de ne pas parler le droïde pour comprendre ses gazouillis. Pas grave, c’est officiellement le personnage le plus attachant de Star Wars. Avec Yoda. Et peut-être les Ewoks. Bon, il y a beaucoup de personnages attachants dans cette saga, mais R2-D2 est un de mes favoris. 

  1. Bumblebee 

Je dois confesser que je n’ai pas écouté le film Bumblebee, mais notre histoire d’amour remonte au premier film Transformer en 2007. Un robot un peu casse-cou qui prend l’apparence d’un camaro, c’est le rêve de tout adolescent qui vient d’obtenir son permis (j’ai eu le mien l’année suivante, même si je n’étais plus une adolescente!!!). Malgré ses aptitudes au combat, il garde une attitude de garnement sympathique. Comme il ne parle qu’en extrait audio, les conversations sont un peu décousues, mais ça fait son charme.  

  1. Wall-E 

Quel attachant petit robot, avec sa candeur et ses grands yeux tristes! Il découvre le monde avec tant de naïveté. Les humains lui ont attribué une tâche monumentale qu’il accomplie avec dévouement. Son affection pour Eve est touchante dans son authenticité, malgré leurs différences. Il est aussi un peu limité dans son discours, mais il nous fait vivre toute une gamme d’émotions sans problème. 

À bien y penser, mes trois favoris sont un peu marginaux. Mais c’est exactement pour ça qu’on les aime! Et vous, qui est votre robot préféré? 

Ce qu’il faut savoir sur le Space Opera

Combien d’entre vous sont restés perplexe lorsque j’ai annoncé le genre littéraire de mon premier roman? Space Opera. On pense à Soap Opera, synonyme de mélodrames. Mais est-ce que ça se limite vraiment à ça, avec des robots et des vaisseaux spatiaux en prime? Démystifions le Space Opera ensemble. 

C’est l’heure de la leçon…

Premièrement, c’est un sous-genre de la science-fiction. Les histoires de Space Opera sont caractérisées par des aventure épiques ou dramatiques se déroulant dans un cadre géopolitique complexe. Ce genre existe depuis les années 40. Il a été popularisé en 60 et 70 par Star Wars et Star Trek. 

Ne fuyez pas!

Je sais que les mots “dramatique” et “complexe” ne vous inspirent pas. Moi non plus! Dites-vous plutôt que j’ai décidé de prendre une bonne portion de la Galaxie comme terrain de jeu, en l’occurrence le Bras d’Orion. Et que je fais voyager mes personnages de planète en planète, plutôt que de ville en ville. 

Prêt au décollage

La science-fiction est le genre parfait pour se poser des questions. “Et si?” On peut traiter d’un sujet banal et lui donner une saveur colorée. On peut réinventer les problèmes de société et les jeter au visage des personnages. Dans mon cas, j’ai voulu me pencher sur la limite entre les améliorations bioniques et l’intelligence artificielle. Où est la ligne? Quelle différence y a-t-il entre un humain normal et un humain modifié? Mon personnage principal a déjà sa petite idée, mais il est possible que ses aventures le poussent à revoir sa position. 

Abonnez-vous à mon infolettre pour lire les premiers chapitres de Gemellus, le tome 1 de la série Dominix Kemp.